Socialiser son chiot, c’est lui donner toutes les chances de devenir un brave chien adulte, à l’aise dans le monde des humains.

Cet article vous présente les principaux « savoir-vivre » qu’un chien devrait maîtriser, pour être bien dans sa peau de chien et pour ne pas représenter un danger. Vous trouverez des liens vers des articles plus détaillés et des informations pour y voir plus clair sur ce sujet vraiment crucial.

Les savoir-vivre d’un chien heureux et inoffensif

La vie de votre chien sera faite de rencontres, avec des hommes, des femmes, des enfants, connus et inconnus, ainsi que d’autres chiens, peut-être d’autres animaux, mais aussi d’expériences diverses et variées, de bruits, d’odeurs, d’endroits différents… Ce dont un chien n’a pas fait l’expérience avant l’âge de 4 mois est susceptible de le faire réagir (aboyer, grogner, essayer de fuir, etc.). Toutefois, l’apprentissage de certains savoir-vivre doit absolument commencer avant l’âge de 3 mois.

La vie d’un chien dépend de l’endroit où il vit, des personnes avec qui il vit. Elle dépend de ce qu’on lui permet de vivre. Chaque chien mène une vie unique, dans un environnement spécifique. Mais, en dépit des différences, tous les chiens – ou la grande majorité – sont amenés à faire à peu près les mêmes expériences ! Nous vivons tous dans le même monde.

C’est pourquoi on peut dire qu’il y a des bases incontournables pour tous les chiots en termes de savoir-vivre :

(pour les plus importantes). Plus généralement parlant, un chien sociable est un chien qui ne réagit pas à la moindre nouveauté ou surprise. Pour éviter d’avoir ce type de problèmes, il faut prévoir de faire vivre de bonnes expériences à son chiot pendant qu’il est encore temps. En effet, avec les chiens, il y a un âge où on ne peut plus « faire de la socialisation ».

On peut parler d’un rideau qui tombe, d’une fenêtre qui se referme ou encore d’un train qui ne repasse plus 🙂 des images que j’aime bien pour décrire ce qui se passe dans le cerveau des chiens vers l’âge de 16 semaines donc 4 mois : c’est fini pour lui apprendre que telle et telle chose est la normalité.

C’est donc avant cet âge que le chiot doit avoir appris les bases essentielles pour que votre vie avec lui soit la plus agréable possible. Il devrait notamment avoir appris :

  • que vous pouvez le toucher partout et que ça ne fait pas mal : en habituant votre chiot à être « tripoté », vous pourrez plus tard regarder ses oreilles, ses dents ou ses pattes, par exemple, en cas de besoin, sans craindre de réaction hostile. Vous pourrez également l’emmener chez le vétérinaire sans que cela soit « un drame » pour lui et pour vous, à chaque fois. En outre, si jamais votre chien devra être toiletté, c’est maintenant qu’il faut l’y habituer (oui, même si le toilettage n’est pas nécessaire avant plusieurs mois, faites semblant).
  • que les hommes et les enfants ne sont pas des menaces : les hommes et les enfants sont des peurs relativement courantes chez le chien ; vous pouvez éviter que votre chien y soit plus tard « réactif » en lui faisant simplement vivre de bonnes expériences avec une diversité suffisante de personnes.
  • que les chiens sont multiples : la diversité des chiens est phénoménale. Pour que votre chien soit sociable avec ses congénères, il est important qu’il vive de bonnes expériences avec une diversité suffisante de chiens, en termes de morphologies.
  • qu’on ne court pas après tout ce qui bouge : la pulsion de poursuite est une caractéristique présente chez tous les chiens, peu importe la race. Elle est modérée ou forte, ou très forte chez certains ! C’est un des comportements problématiques à (au moins) surveiller pendant que son chiot grandit, afin de lui apprendre à ne pas courser les chats ou les cyclistes, etc. (selon votre environnement).
  • que vous pouvez ramasser un jouet et que ce n’est pas grave : un autre comportement problématique bien connu est « la possessivité ». Mais des habitudes très simples avec votre chiot vous évitent d’avoir un chien « possessif » qui, par exemple, grogne quand vous lui retirez un jouet…
  • que l’on ne saute pas sur les gens : c’est ce que font naturellement la plupart des chiens contents de voir quelqu’un, et c’est gênant, très gênant avec un grand chien.
  • que prendre la voiture n’est pas synonyme de torture : prendre la voiture est très banal pour nous, mais pas pour les chiens ; ils doivent y être familiarisés. Mais si, par exemple, vous n’avez pas de voiture, vous vous déplacez essentiellement en bus et votre (petit) chien prendra le bus avec vous, c’est à cela qu’il faut habituer votre chiot (ce qui n’empêche pas de l’habituer maintenant à la voiture aussi, car au-delà de 4 mois, cela pourra poser problème).
  • qu’il peut rester tout seul à la maison quelques heures et que ce n’est pas la fin du monde : rester seul fera partie de la vie de votre chien, au quotidien ou de temps en temps. C’est un des savoir-vivre à acquérir le plus tôt possible (mais progressivement bien entendu).
  • liste non exhaustive mais c’est déjà pas mal pour de bonnes bases 🙂

Pour une présentation plus complète des savoir-vivre de base, je propose une vidéo.

Cela demande certains efforts pendant le premier mois que votre chiot passe avec vous, puis le deuxième (partant du principe que vous l’accueillez quand il a 8 semaines). Sans compter qu’en parallèle, il est utile d’initier certains apprentissages de base, au moins la marche en laisse et le rappel. Tout ceci, c’est également beaucoup de choses à apprendre pour vous !

Mais il vaut largement la peine de se « donner à fond » pendant ces deux mois. La vie avec un chien sociable est tellement plus joyeuse, simple et agréable qu’avec un chien qui ne l’est pas assez.

Le chiot de 8 à 12 semaines

Le premier mois que passe votre chiot chez vous est très important.

Les spécialistes du chien, aujourd’hui, disent que c’est une période absolument cruciale pour la socialisation du chiot. C’est la période où son cerveau est prêt à « enregistrer » toute une série de nouvelles expériences. Si ces expériences sont bonnes, le chiot va trouver tout ça normal tandis qu’un traumatisme pendant cette période est généralement ancré à vie chez le chien. Ceci dit, tous les chiens ne sont pas traumatisés par les mêmes choses et, comme nous, des chiots seront traumatisés par une mauvaise expérience et face à la même expérience, d’autres ne le seront pas.

Ce n’est pas toujours facile pour tout le monde de bien gérer ces quelques semaines, surtout que les chiots ne sont pas encore vaccinés.

Pour habituer un chiot à toutes sortes de bruits, d’odeurs, d’objets, de personnes, d’endroits, de chiens… il faut essayer de maîtriser la situation le plus possible. Pour éviter de prendre trop de risques (de lui faire vivre de mauvaises expériences) et il faut procéder progressivement. Cette période brève doit idéalement n’être qu’une suite d’expériences positives.

On peut résumer le processus de cette façon :

  • un maximum de bonnes interactions entre votre chiot et vous déjà, pour qu’il développe une vraie confiance en vous
  • un maximum de nouveauté, que ce soient des gens, des endroits, des bruits… mais pas « tout et tout d’un coup » (rien de compliqué : par exemple, avant de traverser le centre-ville, faites d’abord une petite balade autour de ce quartier très animé, et voyez comment votre chiot se comporte)
  • ne pas voir uniquement des hommes ou uniquement des femmes ou un seul type de chien… donc de la nouveauté mais aussi de la variété
  • encourager le chiot à reproduire les comportements les plus satisfaisants

Avant son arrivée à la maison

De sa naissance à l’âge de quatre semaines environ, le chiot se développe avant de commencer à gambader. Sa mère et les autres chiots de la portée lui permettent d’apprendre tout simplement à être un chien. Cet apprentissage crucial dure jusqu’à ce que le chiot n’ait plus besoin de sa mère pour se nourrir. On appelle ce moment, le sevrage.

Séparer un chiot de sa mère trop tôt peut avoir de graves conséquences (ce qu’on appelle l’hyper-attachement, des comportements d’agression, des problèmes de santé aussi et une éducation compliquée, car la chienne apprend à ses petits une forme de « discipline ». Laisser un chiot trop longtemps avec sa mère et ses frères et sœurs peut aussi générer certains problèmes d’adaptation. Les gens qui récupèrent un chiot âgé de trois à six mois, à peu près, peuvent effectivement s’apercevoir que c’est difficile de le socialiser. Ce n’est pas une fatalité mais adopter un chiot trop jeune (moins de 7 semaines) est souvent risqué et adopter un chiot trop âgé (qui est resté avec sa mère et/ou sa fratrie) également.

Pendant cette phase, c’est surtout le comportement avec les autres chiens qui est concerné. Néanmoins, les éleveurs habituent aussi les chiots au contact humain et à toutes sortes de choses simples mais qui peuvent être très utiles pour la suite. Par exemple, prendre la voiture, jouer avec des enfants, vivre avec des chats

Les problèmes qu’on peut avoir avec un chiot peuvent venir du fait que le chiot a grandi dans un certain environnement et chez-vous, c’est différent et s’adapter n’est pas forcément évident pour lui. Mais parfois, les problèmes viennent en partie du fait que la personne à qui vous avez acheté votre chiot n’a pas fait ce qu’il fallait.

C’est pourquoi les professionnels du chien sont nombreux à vous encourager à choisir votre chiot chez un éleveur compétent et sérieux.

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