Parfois, votre perception d’un problème peut vous empêcher d’éduquer votre chien si vous avez tendance à ne voir que ce qui ne va pas.

Nous sommes tellement accaparés par toutes sortes de questionnements, victimes de nos émotions ou encore inquiets pour des raisons de sécurité,  que nous ne voyons plus ce que nos chiens font de bien.

Cet article ne va pas vous encourager à voir la vie en rose alors qu’il y a un problème ! Il va vous montrer, à travers 5 exemples, comment vous pourriez repérer une opportunité d’apprendre.

Ne dites plus : mon chien aboie sur les chiens plus gros que lui

Dites : mon chien n’aboie pas sur les petits chiens.

Ce n’est pas toujours simple de repérer une opportunité d’apprendre. Mais c’est souvent une question de point de vue : il ne faut plus se focaliser sur ce que le chien fait de mal. Il ne s’agit pas de voir la vie « du bon côté ». Il faut observer plus attentivement et se fixer pour objectif, de trouver un bon comportement à encourager.

Par exemple, au lieu de vous épuiser à montrer à votre chien que c’est mal d’aboyer sur les chiens plus gros que lui, vous pouvez lui montrer que c’est bien de ne pas aboyer sur les chiens plus petits.

Vous saisissez une opportunité de lui apprendre quelque chose. A force de répéter, votre chien sait ce que vous attendez de lui. Il ne peut pas le savoir si vous ne lui montrez pas ce qui vous plaît. Lui, il fait ce que bon lui semble. Il vaut mieux qu’il fasse ce que bon vous semble.

Et quand ça semble bon pour lui, comme pour vous, vous avez de l’or entre les mains.

Pour faire ça, il faut savoir comment récompenser. A priori, récompenser n’a rien de bien compliqué. Mais il y a des pièges qui peuvent rendre une excellente idée, complètement inefficace (et même aggraver les choses parfois).

Voici l’un de ces pièges.

De votre point de vue, votre chien n’aboie pas. Mais de son « point de vue », il fait autre chose. Pour être efficace, il faut récompenser cette « autre chose ».

Ceci n’est qu’un exemple. Vous pouvez essayer de changer votre perception :

  • à partir d’un lieu : mon chien aboie sur les chiens dans la rue – mon chien n’aboie pas sur les chiens quand il est dans le jardin
  • une distance : mon chien aboie sur les chiens à 5 mètres de lui – mon chien n’aboie pas sur les chiens à plus de 5 mètres de lui
  • etc.

Lire : mon chien n’est pas sociable avec les autres chiens

Ne dites plus : mon chien essaie d’attraper mon chat quand il saute sur le canapé

Dites : mon chien n’essaie pas d’attraper mon chat quand il monte sur mes genoux.

Toute opportunité est bonne, si celle-ci se répète assez souvent – notez qu’il est parfois possible de faire en sorte qu’elle se répète si ce n’est pas le cas – pour apprendre à vôtre chien que quelque chose qu’il fait vous satisfait. En exploitant des comportements a priori banals – en fait, ils ne sont pas banals du tout ! -, on peut obtenir des résultats stupéfiants.

Lire : socialiser son chien avec son chat

Ne dites plus : mon chien grogne sur mon mari quand il s’approche de son panier

Dites : mon chien ne grogne pas sur mon mari quand il s’approche alors qu’il est couché sur la terrasse.

Vous pouvez vous lancer dans un nouvel apprentissage en récompensant votre chien dans un contexte un peu différent du contexte problématique.

Ce n’est pas un seul et même endroit, comme quand vous êtes sur votre canapé et que le chat saute pour monter ici ou là. Mais il y a quand même une opportunité à saisir.

Votre mari lui montre que quand il s’approche de lui, cela a des conséquences géniales (le chien est récompensé). Il ne peut pas le faire la plupart du temps mais il reste un endroit où il peut le faire. Il pourra – après de multiples répétitions et tout en restant à distance pour commencer – montrer au chien que quand il s’approche de son panier, se produisent  les mêmes choses formidables que sur la terrasse.

Lire : mon chien grogne sur mon mari.

Ne dites plus : mon chien aboie quand je quitte la maison

Dites : mon chien n’aboie pas quand je tourne la clé dans la serrure.

Vous pouvez appliquer ce changement de perception d’un problème de comportement sur un autre plan : au lieu de songer à un lieu différent, un autre contexte, un autre comportement d’un animal ou d’une personne… on peut trouver une opportunité d’apprendre avec ce qui se passe juste avant que le comportement problématique n’apparaisse.

Il faut découper toute la chronologie.

N’hésitez pas à le mettre sur papier car nous n’avons pas toujours conscience du moment exact (ou du bruit, du mouvement…) qui déclenche le comportement qu’on souhaiterait voir disparaître – et les apparences peuvent être trompeuses.

Notez tout ce qui se passe dans les moindres détails même les plus insignifiants. Notez tout et vous pourrez rejouer la scène en enlevant un élément.

C’est fascinant de découvrir à quel point certains éléments peuvent tout changer. De cette façon, vous pourriez peut-être découvrir qu’il n’est même pas nécessaire d’entreprendre un apprentissage car c’est peut-être un problème d’environnement ou quelque chose que vous faites.

Ne dites plus : mon chien n’écoute rien dehors

Dites : mon chien écoute mieux à la maison.

Où est-ce que votre chien vous écoute ? Où est-ce que vous obtenez son attention ? La question du « où » est souvent importante même si ce n’est pas la seule. Certains endroits créent des conditions qui sont contre vous. Il y a trop d’obstacles.

Il n’est pas possible d’obtenir quoi que ce soit de votre chien dehors, peut-être parce qu’il est trop distrait ou peut-être parce qu’il est trop anxieux.

Ici, vous ne récompensez pas votre chien pour quelque chose qu’il fait déjà comme dans les exemples précédents. Vous exploitez des circonstances pour répéter un ordre appris.

Mais pour trouver ces circonstances adéquates, il faut là encore changer de point de vue : ne pensez plus à ce qui ne fonctionne jamais.

Pensez à ce qui a déjà fonctionné. Même une fois. Même un peu.

Inutile de chercher la perfection. Cherchez « le mieux ».

Rien ne fonctionne nulle part ? Où est-ce que c’est « moins pire » ?

Faites une liste. Notez tous les endroits où votre chien n’écoute pas un ordre qu’il exécute pourtant bien à la maison. Classez ces endroits du pire au meilleur. Pourquoi avez-vous fait ce classement ? Qu’est-ce qui vous fait préférer la petite impasse près de la mairie plutôt que le chemin près du lac ? Vous trouverez peut-être le ou les obstacle(s) et vous pourrez vous entraîner au bon endroit.

Récapitulons :

  • Il faut essayer de repérer ce que votre chien fait de bien.
  • Il faut vous demander quand, où, dans quelles circonstances -ou dans les mêmes circonstances, mais juste avant le comportement problématique – avec qui/quels chiens etc… il fait autre chose que ce qui pose problème.
  • Il peut être difficile de capter cet « autre chose » parce que ce sont des comportements paraissant banals et parce que nous sommes souvent concentrés sur ce que les chiens font de mal mais ça s’apprend.
  • Il faut répéter très souvent et quand on n’en a pas l’opportunité, on peut recréer certaines situations pour répéter.
  • On peut aussi changer sa perception d’un problème en songeant à ce qui a fonctionné –même si ce n’était pas parfait- au lieu de ne penser qu’à ce qui ne fonctionne jamais. De cette façon, on arrive souvent à supprimer un ou des obstacle(s).
  • On n’est pas conscient de tout ce qui se passe, de tout ce qui peut empêcher le chien d’avoir un bon comportement ou d’écouter, ou simplement de nous prêter attention. C’est pourquoi prendre des notes peut beaucoup aider.

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