Quand vous avez pris la décision d’avoir votre tout premier chien, vous pouvez vous sentir aussi enthousiaste que perdu.

Ce que votre chien aura vécu avant de vivre avec vous et ce que vous allez lui éviter et lui permettre de vivre, compte beaucoup (beaucoup, beaucoup, beaucoup !). Les chiens sont surtout façonnés par ce qu’ils vivent et particulièrement ce qu’ils vivent jeunes. Chaque chien est unique et vous avez peut-être déjà remarqué qu’il y a des différences spectaculaires de comportement entre des chiens d’une même race.

Ce n’est pas pour autant qu’il faut négliger le choix de la race de son chien. Alors, à quoi faudrait-il attacher de l’importance ? Voici quelques conseils si vous vous lancez dans cette aventure (hors du commun) pour la première fois.

1- Prenez un (petit) cours d’histoire

Rassurez-vous, si c’était le cauchemar de votre scolarité, vous allez vous réconcilier avec l’histoire.

Vous accueillerez bientôt votre premier chien et vous voilà parti à la pêche aux infos ! Si ce n’est pas déjà le cas, vous entendrez différents sons de cloche sur la/les races de chien qui vous plaisent, depuis vos proches, amis, voisins, aux réseaux sociaux et sites Internet en passant par les écrits et documents des plus hautes sphères de la cynophilie, Société Centrale Canine, Clubs de race, Fédération Cynologique Internationale….

Vous serez confronté à une vaste quantité d’éléments d’information que chacun est libre d’interpréter à sa façon. Sans compter qu’en matière d’idées reçues, vous allez en prendre pour votre grade. Partout, des races de chien sont décrites comme dominantes, têtues, associables ou sociables avec les autres chiens, gentilles avec les enfants… (ce n’est pas exactement le cas, car tout ne dépend pas des gènes).

À ce stade de votre fantastique projet d’avoir un chien, il y a du tri à faire. Autant commencer maintenant, parce qu’au stade suivant, vous serez submergé par une nouvelle déferlante d’infos discordantes et encore plus de préjugés.

Ce qui peut vous aider à ne pas croire tout ce qu’on raconte, ne pas vous arrêter aux apparences et parfois vous faire un peu plus confiance, c’est de connaître l’histoire de la/des races de chien qui vous plaisent. C‘est vraiment le meilleur moyen de comprendre les choses les plus importantes à comprendre sur la race de chien qui vous attire, notamment son utilisation. Car de celle-ci dépend une bonne partie de ce qu’est votre chien et de ses besoins (mais non, pas TOUT non plus).

2- Ne choisissez pas une race qui a énormément d’énergie si vous n’êtes pas en mesure de la faire dépenser à votre chien

Dans certaines parties du monde où les chiens sont plus nombreux qu’ailleurs à vivre sous nos toits, nous choisissons d’aller « faire du sport » et pour certains d’entre nous, c’est même devenu un défi que de maintenir un minimum d’activité physique. Pour les chiens, c’est un besoin comme manger et boire et ils ne peuvent pas attendre le week-end ou les vacances pour se remettre en forme. Pour décider de quelle race pourrait bien être votre premier chien, son besoin d’activité physique est un aspect crucial à considérer.

En découvrant l’histoire de la race, vous avez déjà une meilleure idée du besoin d’exercice physique de votre futur chien, quand il aura terminé sa croissance. D’autres éléments vous indiquent si un chien peut être satisfait de se promener en laisse plutôt 15 ou plutôt 30 minutes trois fois par jour (à titre d’exemple), s’il peut marcher ou a besoin de marcher beaucoup plus que ce que vous envisagez, ou s’il a besoin de courir parce qu’il a tellement d’énergie à libérer que des promenades en laisse ne le fatigueront pas suffisamment. Chaque chien est différent mais il y a des bases à connaître.

Sa morphologie devrait vous permettre de cerner si votre futur chien sera plus ou moins énergique et de quelle façon vous pouvez l’aider à dépenser son énergie car il existe de sacrés différences en termes d’endurance, de rapidité, d’agilité, etc. et cela dépend également de ce que votre chien fera le reste du temps. Certains chiens s’adaptent beaucoup mieux que d’autres à une vie modérément active, en raison de leur constitution.

Dans tous les cas, il y a beaucoup de problèmes potentiels que vous pouvez tout de suite rayer de la liste si vous tenez compte de ce besoin d’exercice et que vous êtes conscient de ce que cela va vous demander de faire pour pouvoir le combler au quotidien (pas seulement le dimanche !).

Et s’il y a des gens qui choisissent des chiens super athlétiques avec de gros besoins de sport pour les laisser végéter toute la journée et qui s’étonnent d’avoir d’horribles problèmes, il y a aussi pas mal de gens qui ont des chiens… qui se fatiguent trop vite pour eux !

Pourquoi pas un chien

Tous mes conseils pour bien mener votre réflexion et préparer votre projet d’accueillir un chiot ou un chien à la maison sont dans mon livre Pourquoi pas un chien.

Vous découvrirez les portraits de 120 races de chien et trouverez les réponses à toutes vos interrogations.

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3- Pensez qu’il va falloir assumer plus ou moins de responsabilités

Vous serez obligé d’apprendre certaines choses à votre chien, ne serait-ce que la propreté. Pour beaucoup, la marche en laisse est incontournable. Il y a des gens qui ont des chiens mais seulement besoin de leur apprendre à bien se comporter avec la famille et les amis qui viennent à la maison. Ce sont des chiens qui font plus modérément partie de la société.

Ils ont du terrain à disposition et c’est clôturé. Ils n’en sortent que pour aller chez le vétérinaire (il ne sont pas malheureux de ne pas faire partie de la société !). Alors beaucoup de choses sont des choix et pas des obligations. Par exemple, les gens dans ce cas ont le choix d’apprendre la marche en laisse ou pas. S’ils veulent aller se balader ici et là avec leur chien, ils vont le lui apprendre et s’ils préfèrent laisser leur chien à la maison quand ils vont ici et là, ils n’ont pas besoin de le lui apprendre.

Avec un chien qui fait plus partie de la société, qui fréquente des lieux publics, voit toutes sortes de personnes, croise d’autres chiens, etc., il y a plus de choses à lui apprendre mais aussi plus de responsabilités à assumer, envers les autres. Des responsabilités, vous en avez toujours, même à la campagne, par exemple, vis à vis de ceux qui vivent avec vous le cas échéant, ou ne serait-ce que vis à vis du facteur 🙂

Disons que plus un chien fait partie de la société et plus avez de responsabilités à assumer. De ce point de vue-là, les races impliquent des risques de ne pas pouvoir assumer certaines responsabilités selon l’endroit où l’on vit et la vie que l’on mène.

Un exemple simple. Vous avez pris soin de calculer si vous avez le budget nécessaire pour nourrir votre chien qui pèsera 80 kg une fois adulte. C’est bien. Avez-vous pensé à ce qui va « sortir » (désolée !) et que vous devrez ramasser si vous vivez en ville ? Si vous ne ramassez pas, vous avez loupé tout un pan de ce qu’est la vie avec un chien : savoir se montrer responsable envers son chien mais aussi envers les autres ou au moins, faire de son mieux !

Il y a des races de chien avec lesquelles vous assumerez plus facilement vos responsabilités et puis d’autres qui peuvent vous demander de fournir plus d’efforts. Cela dépend de votre capacité à faire coïncider vos obligations avec les caractéristiques d’une race de chien- physiques et autres. Il n’est pas bon de vous en remettre uniquement à la race du chien pour choisir votre premier chien, comme il n’est pas bon de dénigrer ou ignorer tout ce qu’une race peut impliquer.

Vous avez beaucoup pensé à votre futur chien. Vous avez beaucoup pensé à vous. N’oubliez pas de penser aussi au petit ou grand monde dont votre chien va faire partie.

chiot bouvier bernois

Il y a des grands chiens qui vivent heureux en ville car leurs propriétaires en prennent grand soin. Mais un grand chien fait de grosses déjections. Il faut les ramasser parce que vous avez des responsabilités envers les autres aussi, pas qu’envers votre chien.

4- Tournez-vous vers des races de chien plus dans la « demi-mesure »

Pour votre tout premier chien, vous pouvez vous intéresser à des races qui présentent un ensemble équilibré de caractéristiques, au lieu de races qui présentent un ou plusieurs traits très prononcés. Il s’agit juste d’une idée à méditer. Il est possible que vous vous en sortiez super bien avec n’importe quel chien 🙂 !!

Qu’est-ce qui peut être très prononcé ? Principalement :

Ce ne sont pas des difficultés en soi. Encore une fois, ce sont des caractéristiques qui parfois deviennent des problèmes, à cause de l’environnement du chien.

Vous n’avez jamais eu de chien ?

Mon livre Pourquoi pas un chien vous aidera à explorer le monde du chien, à faire connaissance avec la diversité morphologique incroyable de cet animal, à éviter les arnaques, à prendre les bonnes décisions pour votre avenir et celui de votre compagnon à poils, et à mieux comprendre comment la cynophilie fonctionne et s’organise !

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Pourquoi pas un chien

Cela dépend aussi de la provenance de votre chiot.

Certains chiots viennent d’endroits où ils n’ont pas été préparés à vivre dans notre monde et c’est plus difficile pour vous et pour eux. Certains chiots proviennent de bons élevages où l’on vous a mâché le travail. Par exemple, votre chiot d’une race connue pour être facilement déclenchée par les petits mammifères qui bougent a vécu d’excellentes expériences avec des chats adultes sociables avant d’arriver chez vous.  Si ce n’est pas une garantie, au moins il a commencé à apprendre que les chats ne sont pas des « proies » (ni des menaces). C’est là que vous vous rendez compte que tout le monde vous a déconseillé la race parce que vous avez un chat, mais que votre chiot apprend vite à le laisser tranquille.

Alors, si vous avez le coup de cœur pour une race de chien qui n’est pas dans la « demi-mesure » et que c’est votre premier chien, au moins ne choisissez pas votre chiot n’importe où pour « pas cher » et assurez-vous de ne pas être soumis à un trop grand nombre de contraintes qui vont vous demander d’apprendre plus de choses et peut-être de fournir tellement d’efforts pour assumer toutes vos responsabilités que vous en aurez marre au bout d’un an.

Il y a des chiens plus polyvalents que d’autres et il n’est pas rare qu’ils fassent de bons candidats pour un premier chien.

5- Parlez à un maximum de propriétaires de chiens

Vous voulez un Scottish terrier.

Vous n’avez d’yeux que pour le Scottish terrier du voisin que vous voyez passer tous les jours devant votre fenêtre. Ce monsieur a eu la gentillesse de répondre à vos nombreuses questions. Maintenant vous essayez de trouver des amis d’amis d’amis qui ont/ont eu un Scottish terrier. Vous avez lu tous les sites et les blogs et les forums et les publications professionnelles sur le Scottish terrier et vous avez vu toutes les vidéos sur Youtube. Vous êtes devenu incollable !!

Si c’est votre tout premier chien, essayez de vous intéresser à autant de chiens que possible, de races diverses.

Ils vous diront tous que leur chien est merveilleux 🙂

Mais beaucoup d’entre eux, en répondant à vos questions, vous donneront aussi une idée plus précise des meilleures conditions à offrir à son chien, selon certaines spécificités des races. Vous aurez une vision plus globale de la diversité canine et ceci vous aidera à mener votre réflexion.

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