Le bouledogue américain est-il le chien qu’il vous faut ?

Doté d’une grande force physique, le bouledogue américain est aussi un molosse particulièrement enjoué et affectueux.

Le « boul’am » comme on le surnomme, n’est pas reconnu en dehors des Etats-Unis mais il y a des élevages ailleurs que sur sa terre natale, qui délivrent des pedigrees. Il demeure une race de chien rare y compris aux Etats-Unis.

Le bouledogue américain n’est pas un chien ordinaire. Il n’est pas « mieux » que d’autres races ni plus dangereux, non : si les éleveurs conseillent fréquemment d’avoir au moins une première expérience réussie, c’est principalement à cause du travail nécessaire pour l’éduquer et le rendre sociable. Ce travail est exigeant, d’une part, et d’autre part, lorsque les efforts sont insuffisants, entamés trop tard ou stoppés trop tôt, les conséquences peuvent prendre des proportions qui vous dépassent. On sous-estime déjà souvent l’engagement que cela demande avec des chiens moins exigeants.

Un long travail d’au moins 18 mois doit être mené, avec bienveillance, sans jamais s’énerver et en ayant conscience de ce que signifie réellement rendre son chien sociable. En faisant ce qu’il faut, le bouledogue américain sera votre fidèle pourvoyeur de joie et de tendresse à haute dose !

Caractère du bouledogue américain

Il n’y a pas de standard FCI. Le bouledogue américain n’est pas une race reconnue par la FCI. Le caractère ou tempérament du bouledogue américain, selon le standard de l’ABNA, est décrit comme :

  • alerte 
  • extraverti 
  • amical 
  • ayant une attitude confiante
Chiot bouledogue américain

Chiot bouledogue américain (Bully)

On a voulu ce chien sûr de lui et bon gardienC’est une race joviale qui s’attache vite et fort à ses humains. 

D’autres registres éditent des standards, comme l’UKC qui décrit le boul’am de la façon suivante : un compagnon doux et affectueux pour la famille qui est assez courageux pour faire face à un taureau en colère ou un intrus humain.

Que disent les éleveurs ? La plupart du temps, ils mettent en lumière :

  • son tempérament joyeux
  • sa grande énergie
  • sa tendresse

Un chien que l’on décrit ainsi, n’aime pas la solitude. Il est en demande pour apprendre et s’amuser avec vous. Sensible, malgré son apparence, il a autant de muscles que d’amour à donner et à recevoir. C’est important : cela fait intégralement partie de ses exigences pour être un chien équilibré.

On verra d’où vient son côté poussif et pourquoi il vaut mieux ne pas utiliser le mot « têtu ». C’est un chien qui a besoin qu’on lui donne des tâches à accomplir –pas forcément garder mais via des jeux et des activités sportives.

On retrouve, dans les standards du boul’am, quelque chose qui peut paraître curieux : une certaine distance avec les étrangers et une capacité à s’imposer avec les autres chiens est acceptée* (ABA) ou encore une attitude belliqueuse envers les autres chiens n’est pas considérée comme un défaut (NKC) et aussi : il est courant pour un jeune bouledogue américain d’être assez distant avec les étrangers (UKC).

Intéressons-nous à l’histoire de cette race qui va nous éclairer sur ces dernières caractéristiques.

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Origines du bouledogue américain

Bouledogue américain vers 3 mois.

Bouledogue américain vers 3 mois (Bully)

Aux Etats-Unis, pour l’utilisation du bouledogue américain, ils disent « catch dog » : un chien qu’on a reproduit pour attraper du bétail qui vit sans enclos.

Certains mettent en avant sa ressemblance avec les premiers bouledogues anglais -ceux que l’on a appelé « bulldogs » pour la première fois au 17e siècle et dont on se servait (entre autres) pour attraper des taureaux, une activité cruelle pour les animaux et interdite en Angleterre au 19e. D’autres disent que plusieurs siècles s’étant écoulés, le fameux « Original English Bulldog », probablement introduit aux États-Unis dans les années 1730, est bien l’ancêtre du boul’am mais il faut tenir compte des mélanges avec d’autres races.

On retiendra qu’il n’y a pas de traces écrites sur l’histoire du bouledogue américain avant le 19e siècle et que les fermiers, essentiellement dans le sud du pays, avaient besoin d’un chien capable d’attraper le gros bétail vivant en liberté.

Grâce à ses capacités physiques exceptionnelles, ce chien s’est révélé utile pour la chasse. On pense d’ailleurs qu’au moins un chien de chasse a été croisé, à un moment donné, avec le bouledogue américain.

La race est donc reproduite pour garder et contrôler de gros animaux à moitié sauvage, protéger les fermes et chasser.

Bully/Classique et Scott/Standard

bouledogue_ americain-scott-bully

Son histoire est ancienne et en partie méconnue. Et le bouledogue américain a failli disparaître.

Bully. C’est dans les années 1940 que John D. Johnson commence à travailler la race, alors souvent appelée American Pit Bulldog. Il change son nom et défend ce qu’il appelle « le vrai bouledogue américain » : trapu, athlétique et imposant. C’est le bouledogue américain type bully ou Classique, qui est plus un chien de garde qu’un chien de ferme. Des croisements ont été faits avec des bouledogues anglais et des mastiffs. Le bully a un peu moins de « pulsion » ou « drive » en anglais. Il est moins bon chasseur et c’est plus un chien de travail.

Standard. Un autre éleveur a marqué l’histoire de la race à la même époque : Alan Scott.  Après avoir collaboré avec Johnson, Scott continue tout seul. Il s’oriente vers un chien différent, dont il avait justement besoin dans sa ferme en Alabama. Cette « version » du bouledogue américain appelée type Scott ou Standard, est donc plus un chien de ferme qu’un chien de gardeDes croisements ont été faits avec des pitbulls. Un peu plus prédateur, le type Scott est à la base, un meilleur chasseur. Il n’est pas fait pour travailler comme le bully. Sa socialisation avec les autres chiens est considérée comme plus délicate.

standard-bully

Boul'am adulte (Bully)

Bouledogue américain hybride typé Bully adulte

Avant ces deux passionnés, il y avait des chiens très différents selon les régions, qui portaient même des noms différents. Cela empêchait une quelconque reconnaissance de la race. C’est encore le cas aujourd’hui, en dehors des Etats-Unis : il y a trop de « versions » différentes pour les autres registres nationaux et internationaux (FCI).

Outre les différences de tempérament, notez les différences physiques. Les caractéristiques trop prononcées ne sont pas acceptées par le standard, mais les différences sont bien visibles.

En plus de son aspect plus épais, plus puissant, le bully a le museau un plus court avec la mâchoire inférieure un peu plus avancée (6,5 mm pour le standard) – on appelle ça « prognathie » mais dans ce cas, ce n’est pas un défaut. Le bouledogue américain Standard est plus svelte, avec un museau plus long.

La race est reconnue aux États-Unis en 1970 par le NKC puis elle sera reconnue par d’autres registres américains, avant d’être exportée à l’étranger. Le boul’am arrive par exemple en Australie à la fin des années 1980 (où il n’est toujours pas reconnu par l’ANKC) ou en France, un peu plus tard. En l’absence de reconnaissance par les organismes nationaux et la FCI, ce sont les registres américains qui délivrent des pédigrées.

Aujourd’hui, il y a beaucoup de bouledogues américains hybrides. C’est un mélange pour essayer de faire ressortir le meilleur des deux types. Il y a donc des élevages de Standard, Bully et Hybride.

Et il y a des bouledogues américains hybrides qui sont plus typés Bully et d’autres qui sont plus typés Standard.

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Éduquer un bouledogue américain  

bouledogue_americain_scott

Boulam type Scott ou Standard

Le bouledogue américain n’est pas têtu, ni possessif, ni manipulateur, ni jaloux. Ces mots sont utilisés lorsque des comportements se sont développés avec des approches et dans des environnements inadéquats, le plus souvent par manque d’expérience et de connaissances. Ceci peut se produire avec n’importe quelle race de chien.

Ce vocabulaire ne fait que nous éloigner des solutions pour modifier les comportements gênants.

Le fait que l’éducation paraisse plus difficile avec certaines races, ne dépend pas des chiens. Cela dépend de ce que l’on fait avec eux, des expériences qui se répètent tous les jours, de l’environnement dans lequel ils vivent. Le bouledogue américain n’est difficile à éduquer que si l’on ne sait pas bien ce qu’il faut faire.

Alors qu’est-ce qui complique la tâche pour le néophyte ? On peut mentionner sa ténacité, son énergie et ses besoins importants de stimulation.

  • Ténacité. Persévérance est aussi un mot qui peut convenir. Ce sont des mots plus réalistes que têtu : le problème n’est pas le chien qui n’écoute pas mais l’humain qui n’a pas trouvé comment le faire écouter. On avait besoin d’un chien ayant la capacité physique d’attraper des taureaux (et d’énormes cochons sauvages) mais également la ténacité nécessaire à cette tâche. Né pour persister, le boulam a des compétences pour apprendre mais, comme le signalent nombre d’éleveurs, ce type de chien demande d’être soi-même compétent pour enseigner.
  • Energie. Aujourd’hui, le bouledogue américain est majoritairement utilisé comme chien de garde et de compagnie. Mais c’est un chien très énergique qui a besoin de faire tous les jours de l’exercice. Malgré sa carrure, il peut faire de l’agility et de nombreuses autres activités sportives. Le chiot lui, ne doit pas trop courir et sauter pendant sa croissance.
  • Stimulation. C’est un chien qui a besoin de beaucoup d’occupations et pas tout seul. Si vous apprenez à votre boulam à rester quelques heures seul chaque jour, ce qui est possible, il faut prévoir aussi quelques heures d’activités avec lui.
Croissance du bouledogue américain (Type Scott)

Croissance du bouledogue américain (Type Scott) en 8 mois.

Le standard d’une race décrit comment on a voulu ce chien. 

Il ne décrit pas comment sera votre chien. 

Votre chien sera ce que vous en ferez.

Socialiser un bouledogue américain

Même conseil (très important) que pour le Cane Corso car c’est une erreur courante : il ne faut pas considérer pour acquis, le comportement de son chiot qui, dans le cas du boubou, continue d’évoluer jusqu’à 18/24 mois soit 1 an et demi à deux ans.

De plus, pour rendre son chien sociable, il n’est pas suffisant de lui faire fréquenter un maximum de chiens et un maximum de gens différents.

Voici ce qu’il est important de savoir :

  • La socialisation doit commencer tout de suite…
  • … mais il ne doit vivre que des expériences plaisantes jusqu’à 6 mois (et plus bien sûr, mais cette période est cruciale)
  • Il faut s’impliquer activement…
  • … donc voir des chiens passer ici et là ou derrière la clôture ne suffit pas,
  • ni les caresses de quelques visiteurs une ou deux fois par mois
  • Les premiers mois sont cruciaux pour la suite…
  • … mais il faut maintenir ses efforts jusqu’à ce qu’il devienne adulte
ça devrait être interdit d'être aussi mignon

ça devrait être interdit d’être aussi mignon

Lorsque le bouledogue américain atteint l’âge de 18 mois, la confiance normale de la race s’affirme (dit le standard).

Pour que ce chien atteigne cette maturité sans devenir exubérant ou agressif, il faut commencer dès le début et persévérer tout du long en lui montrant ce qu’il convient de faire quand on est un brave chien et sans jamais perdre patience, en le motivant à bien se comporter et non pas en le menaçant parce qu’il se comporte mal.

Alors, quand il grandit et devient costaud, vous n’avez pas besoin d’être plus fort(e) que lui.

Quand il faut faire le travail qui n’a pas été fait, c’est extrêmement difficile sans être aidé. Il ne faut pas attendre pour se faire aider et il faut choisir un professionnel qui ne vous demande pas d’utiliser un collier étrangleur ou à pics, de piéger votre maison ou d’acheter un nerf de bœuf**.

Autres informations utiles

  • Si vous vous décidez pour le boul’am, il vous faut absolument obtenir l’un des pedigrees américains mais attention aux arnaques.
  • Le bouledogue américain vit généralement 10 à 12 ans, parfois plus.
  • C’est une race dont la santé générale est bonne mais il faut être vigilant lors de l’acquisition : les parents du chiot doivent être impérativement testés (dysplasie entre autres).
  • Il est souvent déconseillé avec les chats, les autres chiens et parfois avec les enfants en bas âge mais on peut apprendre à un chiot à vivre en harmonie avec tout ce petit monde.
  • Faire stériliser son chien ou sa chienne au moment jugé opportun par le vétérinaire n’agit pas comme une baguette magique mais peut faciliter sa socialisation avec les autres chiens.
  • Le bouledogue américain n’est pas un chien de première catégorie
  • Apprendre « sur le tas » est une mauvaise idée, pour le bonheur de votre chien et le vôtre.

Sources

  • Abna
  • bulldoginformation.com
  • doggehouse.co.uk
  • americastruebulldogs.com
  • american-bulldog.com
  • nationalkennelclub.com
  • topline.org
  • ukcdogs.com
  • whiteheroesamericanbulldogs.com
  • johndjohnsonkennels
  • owlhollowkennels.com

* « some assertiveness with other dogs is accepted » selon l’ABNA est parfois traduit en français par le mot « dominance » mais il existe un mot en anglais pour la dominance, c’est le mot « dominance » alors le choix est fait de traduire par « capacité à s’affirmer » d’autant plus que le mot dominance cache une réalité complexe et ne fait qu’entretenir les mauvaises approches.

** tout cela et pire encore a été proposé à bon nombre de personnes ayant suivi le programme de la Méthode Bon Chien pour des problèmes d’agressivité.

Merci

Un grand merci à Caroline et son amie pour les photos de leurs superbes bouledogues américains 🙂 et mille mercis à Joël pour son aide.

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2017-08-18T05:53:40+00:00