Lorsque votre chiot est auprès de vous à l’âge de 2 mois, vous avez 2 mois pour lui montrer qu’il peut être à l’aise et en confiance avec le monde dans lequel vous vivez. Pour les spécialistes néanmoins, un chiot devrait déjà être foncièrement sociable avec les humains à l’âge de 3 mois.

S’il y a une chose à ne pas rater, c’est sûrement ça (et ça bien sûr) ! Alors, si votre obsession est d’avoir un chiot obéissant, changez d’obsession : rendre son chiot sociable avec les humains est trop important !

En plus, vous avez peu de temps pour bien travailler…

Conseil n°1 – Organisez-vous pour un mois

Précisons qu’un chien sociable avec les gens est à l’aise avec différents types de personnes (hommes, femmes, jeunes, moins jeunes) et si quelqu’un marche plus lentement que la moyenne, est habillé de façon un peu originale, porte un gros sac, un chapeau ou se met à rire un peu fort… le chien ne réagit pas.

Ce sont des exemples de choses qui sortent de l’ordinaire. Bien sûr, on n’attend pas de son chien qu’il soit aussi à l’aise que nous, partout. Beaucoup de chiens très sociables avec les gens ne sont plus à l’aise à la sortie d’une école le jour des vacances scolaires ou en voyant arriver un groupe de marathoniens…

Disons que dans l’ensemble des situations de la vie quotidienne du plus grand nombre, le chien n’est pas réactif (son comportement reste le même).

Vous pouvez recevoir vos proches, aller chez-eux, emmener votre chien à divers endroits… sans vous poser mille questions. Lorsqu’il se méfie d’une personne, elle lui est inconnue et c’est dans une situation qui paraît normale (selon nos normes) – par exemple, votre chien est tendu si quelqu’un s’approche de vous, en titubant, un soir, sur un parking désert.

Pour vivre avec un chien correspondant à peu près à cette description, vous choisissez un chiot auprès d’un éleveur qui sait ce qu’il a à faire sur cet aspect de la socialisation, puis pendant un mois, vous vous assurez que votre chiot apprécie ses expériences avec les humains.

Car le but n’est pas exactement de lui faire voir « des tas de gens ».

Le but est de faire naître de bonnes émotions par rapport à une diversité de personnes (suffisamment représentative du monde dans lequel nous vivons).

Organisez à l’avance ce premier mois avec votre chiot pour pouvoir :

  • inviter chez vous les gens que vous connaissez le mieux et leur rendre visite
  • inviter/vous rendre chez une à deux personnes à la fois (et observer votre chiot pour voir s’il est assez à l’aise pour être en présence d’un plus grand nombre de personnes une prochaine fois)
  • inviter/vous rendre chez des femmes comme des hommes
  • inviter/vous rendre chez des gens qui ont des enfants si vous n’en avez pas, que vous projetiez ou non d’en avoir – et si vous avez des enfants, des gens qui ont un/des enfants d’âge différent des vôtres.

Et ce, tous les jours ou le plus possible.

Le célèbre Dr. Ian Dunbar conseille même, dans l’un de ses livres, de faire en sorte que son chiot âgé de 2 mois puisse rencontrer environ 3 nouvelles personnes chaque jour jusqu’à ses 3 mois ! (pas mal comme objectif ! mais ne négligez pas la qualité des rencontres au profit de la quantité !)

C’est donc un mois qui demande une certaine préparation. Moins vous laissez de place au hasard, plus vous offrez de chances à votre chiot de devenir un chien sociable.

En vous organisant, vous faites rencontrer « des tas de gens » à votre chiot mais vous maîtrisez qui et dans quelles conditions il vit ces expériences. Parfait pour limiter voire éviter les mauvaises surprises, les frayeurs et tout événement susceptible de gâcher une rencontre entre votre chiot et quelqu’un.

Il y a déjà moins de risques qu’avec les inconnus et les inconnus dans la rue, par exemple. Choisissez des gens que vous connaissez pour commencer et aussi des lieux sans surprises.

Conseil n° 2 – Voir ou être en présence de gens sympas n’est pas suffisant

Rendre son chiot sociable avec les humains demande de s’organiser pour qu’aient lieu de bonnes interactions entre le chiot et différentes personnes pendant deux mois (avec un chiot âgé de 2 mois) – surtout pendant le premier.

Ne vous contentez pas d’emmener votre chiot ici et là et de programmer des apéritifs chez-vous 🙂

Des choses simples répétées tous les jours sont très efficaces.

A titre d’exemple. Disons que j’ai un problème de diversité : il n’y a pas de personnes âgées dans mon entourage. Or le monde dans lequel je vis est fait aussi de personnes âgées (mon chien en verra sûrement un jour ou l’autre). Je demande à une amie de passer à la maison avec son père, un homme très âgé, et je demande à ce dernier de lancer son jouet préféré à mon chiot quelques minutes.

Mon chiot a l’opportunité de s’amuser (par ici les bonnes émotions !) avec un homme différent de ceux qu’il a déjà vus.

Il n’y a pas mieux que le jeu (et la nourriture) pour être apprécié d’un chien.

Je ne veux pas me contenter de promener mon chiot devant la sortie du club du 3e âge pour qu’il voit des personnes âgées. C’est mieux que de ne voir aucune personne âgée avant ses 3 mois, certes.

Vous me direz, si je me place au bon endroit au bon moment, les gens vont avoir envie de caresser mon chiot trop mignon. Ce qui nous fait une bonne interaction…

Pas vraiment !

Conseil n° 3 – Votre chiot doit pouvoir s’éloigner et s’approcher de lui-même des gens

Faire caresser son chiot par les uns et les autres n’est pas la meilleure façon de le rendre sociable avec les humains. Cela dépend de comment c’est fait ; une caresse peut être une bonne interaction, mais cela peut aussi avoir l’effet inverse de ce que vous espérez.

Pour obtenir le bon « effet » (le chiot apprécie), il faut que votre chiot puisse s’éloigner s’il le veut et s’approcher s’il le veut et puis, aussi surprenant que cela puisse paraître, cet acte a priori simple qu’est de caresser un chien, beaucoup de gens ne savent pas faire.

Une autre raison pour laquelle il vaut mieux privilégier les gens que l’on connaît. Vous pouvez leur demander quoi faire : baisse-toi, tends la main, laisse-le s’approcher et la renifler, caresse-le s’il a l’air à l’aise et-pas-sur-la-tête (et il y aurait encore beaucoup de choses à préciser mais c’est déjà pas mal si vous arrivez à caser tout ça diplomatiquement) !

Quant il s’agit d’inconnus, d’abord ne laissez pas les inconnus caresser votre chiot sans vous demander s’ils peuvent le faire (essayez). Ensuite, ne tenez pas votre chiot dans vos bras à ce moment-là (essayez). Quelqu’un a envie de caresser votre chiot : voyez si votre chiot approche de lui-même volontiers la personne (vous ne l’encouragez pas et il n’est pas attiré avec de la nourriture ou quoi que ce soit ; il choisit d’y aller ou pas).

S’il choisit d’y aller, c’est une bonne expérience. S’il n’a pas envie, ne transformez pas – ou ne laissez pas la personne transformer – ce qui était anodin en une mauvaise expérience.

Si vous vous souvenez toujours que votre chiot doit pouvoir s’éloigner de lui-même et s’approcher de lui-même de quelqu’un, c’est peut-être 80 ou 90% de réussite assurés d’emblée pour chacune de ses rencontres humaines.

Conseil n° 4 – Tenez compte des types de personnes qui font couramment réagir les chiens

Vétérinaires et chercheurs font/participent à des enquêtes, des études, qui permettent de se faire une idée des peurs les plus répandues chez les chiens. Toute personne ayant un peu d’expérience auprès de plusieurs chiens peut d’ailleurs, assez vite, commencer à remarquer que, quand les chiens réagissent à certaines personnes, les mêmes profils ont tendance à revenir !

Il s’agit communément :

  • des hommes
  • des enfants
  • des personnes âgées
  • des personnes qui marchent avec des béquilles ou des cannes
  • des personnes qui ont un style vestimentaire différent de la « norme »
  • des personnes qui portent des uniformes
  • des personnes qui ont une apparence différente de la « norme »

La diversité des personnes que votre chiot rencontre, entre l’âge de 2 et 3 mois, est quelque chose de vraiment très important.

Vous ne pouvez pas lui montrer le monde entier, mais vous pouvez veiller à ce qu’il ne s’amuse pas qu’avec vos copines (si vous avez surtout des copines) ou vos copains (si vous avez surtout des copains) ou vos amis qui ont tous la trentaine (ou autre tranche d’âge) 🙂 et veiller à ce qu’ (au moins) il passe à proximité de personnes différentes de l’ensemble de la population (en mâchant une petite friandise).

C’est compliqué d’avoir un chien qui réagit en voyant des personnes qui ne sont pas comme vous, votre conjoint et les gens de votre entourage !

Conseil n°5 – Faites cesser une situation avant que votre chiot se sente mal à l’aise

L’idée ici, c’est de « tout arrêter avant qu’il ne soit trop tard ».

C’est à dire anticiper une mauvaise expérience pour votre chiot et mettre fin à une situation pour éviter la mauvaise émotion.

Et avec un chiot de cet âge, vous pouvez vous permettre de vous tromper, par exemple rappeler votre chiot ou détourner son attention de quelqu’un « pour rien » (ce que vous présentiez ne s’est pas produit).

Pas trop se tromper quand même… Il faut le laisser vivre ! Qu’il explore, qu’il découvre… Les petites expériences désagréables font partie de la vie aussi. On veut éviter les choses traumatisantes (qui façonnent des comportements durablement).

Mais à partir du moment où vous le voyez hésiter un peu trop, à s’approcher de quelqu’un par exemple, ou bien qu’il paraît tendu alors que quelqu’un approche… bref, son comportement vous laisse supposer que, d’un instant à l’autre, il pourrait aboyer, vouloir s’éloigner ou avoir une autre réaction indiquant qu’il ressent une mauvaise émotion, rappelez-le, partez, éloignez-vous ou faites ce qu’il faut pour tout arrêter.

Vous savez peut-être qu’il vaut mieux arrêter le jeu avant que son chiot ne dépasse un certain niveau d’excitation (qui le pousserait à avoir un ou des comportements dont on ne veut pas). C’est le même principe en ce qui concerne les efforts pour rendre son chiot sociable avec les humains.

Quelqu’un veut caresser votre chiot. A cette personne, vous avez dit baisse-toi, tends la main, laisse-le s’approcher et la renifler, caresse-le s’il a l’air à l’aise et pas sur la tête. Elle fait tout bien comme il faut… mais votre chiot ne s’approche pas du tout.

On arrête.

On arrête parce qu’à partir de cet instant, rien de ce qui peut se passer n’est bon pour lui.

C’est pas bon que la personne insiste. C’est pas bon d’essayer d’attirer le chiot avec quelque chose. Encore moins bon de le forcer à s’approcher. Complètement horrible de le prendre dans vos bras pour que la personne puisse finalement avoir ce qu’elle veut (!!). Ce n’est même pas bon que vous encouragiez votre chiot à s’approcher avec une petite voix douce (mais c’est peut-être ce qu’il y a de moins pire dans le pas bon).

Rien n’est bon à cet instant car (conseil n°3) votre chiot doit pouvoir s’approcher de lui-même (de sa propre volonté). Là, ça lui ferait une bonne expérience.

Quelque chose (main tendue) aurait dû le motiver. Cela n’a pas été le cas. Tant pis. Il s’approchera peut-être un autre jour, peut-être plus tard, peut-être juste après quand la personne ne l’appellera plus, sera à un autre endroit, etc.

S’il ne s’approche pas de cet homme d’une soixantaine d’années un peu baraqué qui lui tend la main, cela ne veut pas dire que votre chiot se méfiera toute sa vie de tous les hommes d’une soixantaine d’années un peu baraqués.

S’il est forcé d’une façon ou d’une autre à se laisser toucher, vous prenez le risque que quelque chose du genre se produise.

***

Si vous accueillez bientôt un chiot ou si c’est tout frais, n’attendez pas et démarrez de suite ce que l’on appelle la socialisation. Pour les humains, s’il est encore temps, organisez-vous du mieux que vous pouvez pour le premier mois car vous devriez voir beaucoup de monde ! Mais pas n’importe qui, ni dans n’importe quelles conditions.

Vous devrez continuer pendant des mois (jusqu’à l’âge adulte, ce serait idéal) mais ce sera plus naturel.

Ne vous inquiétez pas trop si votre chiot a du mal à apprendre le mot « assis ». Ce genre d’apprentissage peut se faire à tout âge.

Celui dont on parle ici, à 4 mois c’est fini :  ce ne sera jamais aussi bien que ce que vous pouvez faire maintenant.

Rendre son chiot sociable avec les humains demande pas mal d’énergie, d’initiative, d’attention mais n’est pas compliqué et vous ne regretterez pas tous ces efforts !!

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